Triglycérides élevés : quelles solutions ?

Triglycérides élevés : quelles solutions ?
À l’instar du cholestérol, les triglycérides se trouvent dans le sang et jouent un rôle précis. Toutefois, lorsqu’ils sont présents en trop grande quantité, cela peut être un risque et augmenter les risques cardiovasculaires. Il est donc important de maintenir un taux de triglycérides normal afin de préserver sa santé. Un tiers des Français présente une hypertriglycéridémie, c’est-à-dire un taux élevé constant. Celui-ci peut être lié à une prédisposition génétique, associée à d’autres facteurs. Les pharmaciens de Pharma GDD vous expliquent ce que sont les triglycérides et vous livrent leurs conseils pour faire baisser votre taux s’il est trop élevé.

Triglycérides : qu’est-ce que c’est ?

Les triglycérides sont, comme le cholestérol, des composés lipidiques, autrement dit des graisses, qui circulent dans le sang. Ils forment notre principale réserve d’énergie et sont bénéfiques pour rester en forme. Ainsi, les triglycérides sont sollicités en cas d’effort de longue durée ou pour lutter contre le froid. Ils sont fabriqués essentiellement par le foie, lorsque les sucres et les graisses issus de l’alimentation sont transformés et synthétisés. Stockés dans les tissus adipeux, ils servent au transport des vitamines A, D, E et K dans le sang. Le taux de triglycérides est évalué grâce à un bilan sanguin, à la suite d’une prise de sang classique réalisée le matin à jeun. Lorsqu’il est au-dessus des normales à plusieurs reprises, il est nécessaire de mettre en place certaines mesures afin de le faire baisser. Le tableau ci-dessous présente les valeurs de référence en fonction de l’âge et du sexe.

dosage triglycérides

Principales causes de l’hypertriglycéridémie

Révélée par un bilan sanguin, l’hypertriglycéridémie peut être la conséquence de différents facteurs. Ses conséquences sur la santé peuvent être importantes et touchent principalement la sphère cardiovasculaire.

Facteurs favorisants d’un taux de triglycérides élevés

Dans un premier temps, l’hérédité et la génétique peuvent prédisposer à l’hypertriglycéridémie. Ensuite, les causes sont à rechercher dans le mode de vie. Ainsi, une alimentation déséquilibrée, riche en sucres et en graisses, ainsi qu’une consommation importante d’alcool et de tabac sont propices à un taux de triglycérides anormal. Certaines pathologies sont également favorisantes, telles que l’obésité, l’insuffisance rénale, un diabète mal contrôlé ou une hyperuricémie (forte concentration d’acide urique dans le sang). En dehors de ces situations, le taux de triglycérides peut varier :
  • en fonction de l’âge : le taux est plus faible chez les bébés et les personnes âgées ;
  • en fonction du sexe : les hommes présentent un taux plus élevé que les femmes ;
  • pendant la grossesse : le taux augmente progressivement pour atteindre un pic au troisième trimestre, est deux fois plus élevé que la normale en fin de grossesse et revient aux valeurs de référence un à deux mois après l’accouchement ;
  • lors de la prise d’un contraceptif hormonal, notamment d’une pilule combinée contenant des œstrogènes.

Bilan lipidique : quand et à quelle fréquence ?

L’hypertriglycéridémie est une anomalie qui ne provoque pas de symptôme particulier. Elle passe donc très souvent inaperçue et n’est constatée qu’à l’occasion d’un prélèvement sanguin visant à déterminer le taux de lipides dans le sang.

Le dosage des triglycérides est effectué en même temps que celui du cholestérol afin de dresser ce que l’on appelle un bilan lipidique. Il est en général prescrit pour évaluer les risques de maladies cardiovasculaires ou en cas de suspicion de diabète. Ce type d’analyse est également recommandé chez les femmes avant le début d’une contraception hormonale, mais aussi chez les fumeurs, les personnes en surpoids ou en situation d’obésité, les malades cardiaques et les personnes âgées de plus de 50 ans. Si vous avez des antécédents familiaux de pathologie cardiaque précoce, le dosage des triglycérides peut également être effectué en prévention.

Quand le bilan lipidique révèle des triglycérides élevés, un traitement est mis en place. Des analyses régulières permettent ensuite de contrôler l’efficacité de ce traitement. Si les résultats sont normaux, le bilan peut être réalisé tous les cinq ans, voire plus tôt en cas d’accident cardiovasculaire ou de prise de poids importante.

Conséquences de l’hypertriglycéridémie

Sur le long terme, l’hypertriglycéridémie représente un véritable risque pour la santé. En effet, elle favorise la survenue d’une athérosclérose : des plaques d’athérome (amas lipidiques) se forment dans les artères de gros et de moyen calibre. Des caillots peuvent alors apparaître et obstruer les artères, bloquer la circulation sanguine (thrombose) et provoquer une phlébite, un infarctus du myocarde ou un Accident vasculaire cérébral (AVC). Les risques sont plus élevés encore quand l’hypertriglycéridémie est associée à de l’hypertension.

Comment faire baisser les triglycérides ?

Si votre bilan sanguin a mis en évidence des triglycérides élevés, cela nécessite une prise en charge adaptée. Le traitement repose avant tout sur des mesures hygiéno-diététiques. Les médicaments ne sont envisagés que lorsque ces mesures se révèlent insuffisantes.

Modifier son hygiène de vie

Le premier traitement de l’hypertriglycéridémie consiste à apporter des modifications à son mode de vie. Ces seules mesures permettent souvent de retrouver un taux de triglycérides normal. Dans un premier temps, il est vivement conseillé de limiter, voire d’arrêter sa consommation d’alcool et de tabac. Pour ce qui est de l’alcool, faites en sorte de ne prendre qu’une portion par jour, soit une bière de 34 cl, un verre de vin de 12,5 cl ou 4,5 cl de spiritueux. Le vin est à privilégier, car il contient des polyphénols qui ont une action antioxydante.

Du côté de l’alimentation, limitez les sucres rapides, et notamment le fructose. Réduisez également les acides gras saturés comme le beurre, la charcuterie, le fromage et les viandes grasses, ainsi que les produits industriels et très transformés. Privilégiez les poissons gras et les viandes maigres, augmentez la quantité de légumes et intégrez des céréales complètes à vos repas. Tournez-vous aussi vers les gras insaturés : huile d’olive, beurre de macadamia ou d’amande, avocat, fruits secs…

Pour réduire les risques cardiovasculaires, nous vous conseillons de faire le plein d’oméga 3, qui sont source d’acide eicosapentaénoïque (EPA) et d’acide docosahexaénoïque (DHA). Ils sont présents dans les poissons gras tels que le saumon, la truite, le maquereau, le hareng, la sardine, le thon, l’espadon ou encore le flétan. Les huiles de lin et de colza en contiennent également, tout comme les amandes ou les noix. Si votre alimentation ne suffit pas à vous apporter des oméga 3, sachez qu’il existe des compléments alimentaires qui vous permettront de combler vos besoins journaliers (500 mg pour l’ensemble EPA + DHA pour un adulte, en dehors de la grossesse et de l'allaitement).

Notre sélection :

En parallèle d’une alimentation saine, variée et équilibrée, le traitement non médicamenteux de l’hypertriglycéridémie inclus de l’activité physique régulière. Cela peut être de la marche rapide, du vélo, de la natation ou de la course à pied, l’essentiel étant de mobiliser la sphère cardiovasculaire. Choisissez en tenant compte de votre état de santé et de vos capacités. Consultez votre médecin si besoin. Afin de garder la motivation, introduisez l’activité physique de manière progressive et fixez-vous des objectifs réalistes.

Les médicaments pour faire baisser les triglycérides

Si le fait de modifier son hygiène de vie et de faire du sport régulièrement ne suffit pas à faire baisser le taux de triglycérides, le médecin pourra prescrire des médicaments hypolipémiants. Face à une élévation modérée des triglycérides, les statines sont proposées en première intention : simvastatine, atorvastatine, rosuvastatine, fluvastatine, pravastatine. Des études cliniques ont démontré qu’un traitement au long cours par les statines réduit significativement le risque d’infarctus du myocarde, d’AVC et de décès de cause cardiovasculaire. En cas d’intolérance à ces médicaments, ils sont remplacés par l’ézétimibe ou la cholestyramine (Questran®). Quand le taux de triglycérides est très haut, ce sont les fibrates qui sont employés. Ils aident à faire baisser les triglycérides, tout en augmentant le cholestérol-HDL, plus communément appelé "bon cholestérol".

Des effets secondaires sont possibles lors de la prise de médicaments hypolipémiants. Les plus fréquemment observés sont des douleurs musculaires diffuses, des crampes et des faiblesses musculaires. Avec les statines, il existe un risque de développer du diabète sur le long terme. Ce risque est estimé à 9 % et ne remet pas en cause l’intérêt du traitement par statines. Attention, si vous prenez ce type de médicament pour faire baisser votre taux de triglycérides, il est contre-indiqué de consommer du pamplemousse pendant le traitement. Enfin, la cholestyramine peut entraîner des problèmes digestifs, et plus précisément de la constipation, des douleurs abdominales et des nausées.

Quel que soit votre traitement, le suivi médical est très important. Veillez à respecter le rythme des consultations et à effectuer régulièrement vos bilans sanguins. Prenez correctement vos médicaments, et n’arrêtez pas le traitement sans en parler avec votre médecin au préalable. Pensez aussi à signaler les éventuels effets indésirables et les symptômes inhabituels qui pourraient se manifester. De manière générale, suivez toutes les recommandations émises par votre médecin.

Ce qu’il faut retenir

Les triglycérides sont des lipides que l’on trouve dans le sang. Ils sont fabriqués par le foie et apportés par l’alimentation. Quand le taux de triglycérides augmente et dépasse les valeurs normales, il y a un risque pour la santé cardiovasculaire. Il est donc essentiel de maintenir ce taux à un niveau correct. Cela passe avant tout par un mode de vie sain, articulé autour d’une alimentation équilibrée, pauvre en sucres et en graisses saturées, et d’une activité physique régulière, adaptée à ses capacités. Lorsque cela ne suffit pas, il faudra prendre des médicaments hypolipémiants, comme des statines ou des fibrates, qui sont prescrits en première intention en fonction du taux de triglycérides. Celui-ci est mesuré tout au long du traitement grâce à des bilans sanguins, afin d’évaluer l’efficacité du traitement et l’adapter si nécessaire.