Tatouage, henné, piercing : précautions à prendre en été

Tatouage, henné, piercing : précautions à prendre en été
Dans le domaine des modifications corporelles, le tatouage et le piercing sont sans doute les plus répandues. Ainsi, d’après un sondage réalisé en 2018, près d’un Français sur cinq âgé de plus de 18 ans serait tatoué. Une tendance bien ancrée chez les jeunes (18-35 ans), qui franchissent le pas de plus en plus facilement. Si vous êtes tatoué ou percé, vous savez déjà que l’été est une période cruciale durant laquelle il faut redoubler de précautions. En effet, le soleil, le sel, le sable ou encore le chlore sont autant d’éléments qui peuvent altérer l’état des tatouages et des piercings, qu’ils soient cicatrisés ou en passe de l’être. Le tatouage éphémère au henné, très prisé dans les stations balnéaires, peut aussi présenter des risques pour la santé. Afin de vous éviter des mauvaises surprises, les pharmaciens de Pharma GDD vous présentent les différentes règles à suivre durant l’été, mais aussi tout au long de l’année.

Entretenir son tatouage pendant l’été

La grande majorité des tatoueurs vous le diront : se faire tatouer à l’approche des beaux jours, voire en plein été, est une très mauvaise idée ! En effet, un tatouage est une plaie qui met environ un mois à cicatriser. Pendant cette période, il est primordial d’éviter l’exposition au soleil, les baignades en mer et en piscine, le contact avec le sable et l’application de crème solaire. Il est donc préférable d’attendre les périodes plus fraîches, de septembre à avril, pour vous rendre chez un tatoueur. Ensuite, il faudra veiller à suivre ses recommandations pour la réalisation des soins et l’entretien du tatouage. En effet, tout ne s’arrête pas à l’issue de la séance et vous devez être particulièrement vigilant en été afin que les motifs soient préservés.

La protection solaire, un passage obligé !

Essentielle pour la santé de votre peau de manière générale, la protection solaire sera votre principale alliée pour protéger vos tatouages des effets néfastes des UV, préserver la qualité du motif, l’intensité des couleurs et la netteté des tracés. Votre tatouage vieillit avec votre peau et subit les mêmes agressions, c’est pourquoi il faut le chouchouter même lorsqu’il a parfaitement cicatrisé. Choisissez une très haute protection solaire, autrement dit un SPF 50+. Renouvelez l’application toutes les deux heures et après chaque baignade pour maintenir la protection. Pour rappel, si votre produit contient des filtres solaires chimiques, il est recommandé de l’appliquer vingt à trente minutes avant de vous exposer au soleil. Pour les filtres solaires minéraux, l’efficacité est assurée immédiatement. Pour ce qui est de la texture, choisissez celle qui vous convient le mieux : crème, lait, brume ou huile solaire.


Notre sélection :

L’hydratation, la clé pour de jolis tatouages

Si vous voulez arborer de beaux tatouages le plus longtemps possible, il est primordial de les hydrater quotidiennement, et encore plus en période estivale. En effet, les rayons UV, le sable, le sel et le chlore sont des facteurs extérieurs qui fragilisent la peau et les tatouages. L’hydratation de la peau permet d’éviter la dégradation des motifs, notamment l’épaississement des lignes et l’estompage des couleurs. Après chaque exposition au soleil, nous vous recommandons d’appliquer généreusement un soin après-soleil pour réhydrater et apaiser intensément l’épiderme. En dehors des journées passées à la plage ou au bord de la piscine, vous pouvez utiliser un soin hydratant classique. Il n’est pas forcément utile d’investir dans un produit spécifique pour les tatouages, souvent plus cher pour les mêmes effets. Un baume riche, une crème pour le corps suffisent amplement. Pour encore plus de nutrition, vous pouvez utiliser de l’huile de coco ou du beurre de karité, des ingrédients reconnus pour leurs propriétés nourrissantes, protectrices et réparatrices.


Notre sélection :

Tatouage au henné : quels sont les risques ?

Depuis la fin des années 1990, le tatouage au henné s’est imposé comme une tendance très forte auprès des touristes occidentaux qui se rendent dans les pays du Maghreb, en Inde ou au Moyen-Orient. Bon nombre d’entre eux se font tatouer sur leur lieu de vacances en guise de souvenir. Indolore, ne nécessitant pas de soin et apparemment sans risque pour la santé, le henné attire particulièrement les jeunes.

Qu’est-ce que le henné ?

Le henné est un colorant d’origine végétale obtenu à partir des feuilles séchées d’une plante appelée Lawsonia inermis, que l’on retrouve principalement en Inde, en Afrique du Nord et sur les rives orientales de la Méditerranée. Il est utilisé depuis des milliers d’années pour la coloration des cheveux et l’ornement corporel. La molécule extraite de la plante, nommée lawsone, est commercialisée sous forme de poudre à mélanger avec différents ingrédients qui varient en fonction des coutumes.

Il faut distinguer trois types de henné : le henné dit naturel, qui provient de la Lawsonia inermis ; le henné neutre, issu de la Cassia obovata ; le henné noir, contenu dans l’Indigofera tinctorium et utilisé par les artistes de rue dans certaines stations balnéaires pour la réalisation de tatouages éphémères. Le henné noir est lié à un risque important de réactions allergiques. Il est d’ailleurs fortement déconseillé par l’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé, qui publie chaque année un communiqué de presse rappelant aux touristes les bonnes pratiques.

Comment se déroule un tatouage au henné ?

Contrairement au tatouage permanent réalisé à l’aide d’un dermographe, le tatouage au henné est temporaire. Les pigments appliqués s’estompent progressivement et disparaissent complètement en quelques semaines. Pour réaliser un tatouage au henné, un mélange pâteux est déposé sur la peau à l’aide d’un pinceau ou d’un cône en plastique. Le but est de dessiner un motif à main levée ou avec un pochoir. La zone tatouée est ensuite enveloppée dans un film plastique afin de créer un milieu chaud et humide. Un tatouage au henné met au minimum une heure à sécher. Lorsque le film et la pâte sont retirés, le motif se révèle dans une couleur orange qui évolue vers le marron ou l’auburn dans les trois jours suivants.

Le dessin s’estompe en trois à quatre semaines, au fur et à mesure du renouvellement des cellules épidermiques, puis disparaît totalement. La durée de vie du tatouage au henné dépend de plusieurs critères comme la qualité du henné, les composants de la pâte et la peau de la personne tatouée.

L’allergie au henné

Avec le henné traditionnel, le risque d’allergie et de réaction cutanée est considéré comme minime. En revanche, de nombreux cas d’allergie de contact ont été recensés suite à des tatouages réalisés avec du henné noir. Cela se traduit par l’apparition de papules et de vésicules, associées à un œdème et des démangeaisons, au niveau de la zone tatouée. Parfois, des signes généraux apparaissent, comme de la fièvre. Dans les cas les plus graves, le henné noir provoque une réaction d’hypersensibilité immédiate sous la forme d’un urticaire, d’un angio-œdème ou d’un choc anaphylactique.

Ces allergies au henné peuvent se manifester dans les 48 à 72 heures après le tatouage, mais aussi dans les sept à quinze jours qui suivent. L’inflammation peut laisser des cicatrices chéloïdes (en relief, boursoufflées) et des taches pigmentaires. La réaction est due à la présence de paraphénylènediamine (PPD) dans la pâte. Cette substance, interdite en France, est ajoutée au henné naturel pour obtenir une teinte noire, une meilleure tenue du tatouage et un séchage plus rapide. La sensibilisation est définitive et l’allergie est susceptible de réapparaître en cas de nouveau contact avec la PPD, que l’on retrouve dans certains textiles et produits de coloration pour les cheveux.

Pour éviter de mettre en danger votre santé, nous vous recommandons de refuser tout tatouage impliquant l’utilisation de henné noir ou portant l’appellation « henné naturel noir ». Fuyez également les artistes qui proposent des tatouages au henné au séchage rapide et durant plus de trois semaines. Par mesure de précaution, n’appliquez pas de henné sur le visage, sur une partie du corps déjà tatouée ou sur une zone qui a subi un récent coup de soleil.

Piercings : éviter les infections

Tout comme les tatouages, les piercings ont besoin d’être protégés pendant l’été, même lorsque le processus de cicatrisation est achevé. Celui-ci varie essentiellement en fonction de la zone du corps où est réalisé le piercing :
  • de six à neuf mois pour le cartilage ;
  • environ deux mois pour le lobe de l’oreille ;
  • entre trois et six mois pour le nez ;
  • jusqu’à deux ans pour le nombril, le téton et les piercings de surface (microdermal).

Un bon perceur vous déconseillera, voire refusera, de vous faire un piercing avant et pendant l’été, pour les mêmes raisons que celles évoquées pour les tatouages. Si toutefois vous succombez à la tentation, n’oubliez pas de suivre les conseils de soins. En période de cicatrisation, évitez le contact du piercing avec l’eau de mer et de piscine, où les bactéries, le sel et le chlore peuvent perturber la guérison de la plaie. L’exposition au soleil et l’application d’une crème solaire sont déconseillées. La seule option qui s’offre alors à vous est de couvrir votre piercing. La peau étant à vif et vulnérable aux infections, il est essentiel de bien nettoyer la zone. Lavez-vous toujours soigneusement les mains avant toute manipulation. Dans les deux à trois semaines qui suivent le piercing, désinfectez deux fois par jour avec une solution antiseptique adaptée et une compresse. Plus tard, nettoyez simplement avec un savon doux au pH neutre afin d’éliminer les impuretés. Si votre piercing risque d’être exposé à l’eau (mer ou piscine), couvrez-le avec un pansement après avoir appliqué une petite noisette de vaseline.

Lorsque la cicatrisation est terminée, vous pouvez profiter librement des petits plaisirs de l’été ! N’oubliez pas pour autant de nettoyer votre piercing après chaque baignade et à la fin de la journée afin d’éliminer toutes les petites impuretés, les poussières et le sable qui s’accumulent facilement autour des bijoux.


Notre sélection :

L’essentiel à retenir

En été, mieux vaut éviter de se faire tatouer ou percer si l’on veut une cicatrisation optimale ! Tatouages et piercings ne font en effet pas bon ménage avec le soleil, le sable, le sel ou encore le chlore, qui peuvent occasionner des dommages irréversibles et des infections. On attendra donc le retour des vacances et la période de l’automne-hiver pour se rendre chez un professionnel et bénéficier de ses conseils avisés. En attendant, les personnes déjà tatouées ou percées doivent prendre grand soin de leurs motifs et de leurs bijoux pour que ceux-ci vieillissent bien dans le temps : protection solaire, hydratation et nettoyage soigné chaque jour sont indispensables. Le tatouage au henné peut, quant à lui, constituer une alternative éphémère. Si cela vous tente, privilégiez le henné naturel au henné noir. Celui-ci est en effet souvent associé à des réactions allergiques sévères pouvant laisser des cicatrices disgracieuses sur la peau.