Leptospirose : tout savoir sur la maladie du rat

Leptospirose : tout savoir sur la maladie du rat
La leptospirose est une zoonose, c’est-à-dire une maladie transmise de l’animal à l’Homme. Plus d’un million de cas sévères sont recensés chaque année dans le monde. En France, on dénombre environ 600 cas par an. Ces chiffres sont en hausse depuis le début des années 2010, et l’incidence est plus élevée en outre-mer. Les principaux vecteurs de la leptospirose sont les rongeurs, notamment les rats. C’est pourquoi elle est aussi connue sous le nom de maladie du rat. L’Homme est un hôte accidentel. Pharma GDD vous propose d’en savoir plus sur les causes de la leptospirose, ses symptômes et les différentes mesures qui permettent d’éviter une contamination.

D’où vient la leptospirose ?

La maladie du rat est endémique dans les régions tropicales et subtropicales (Amérique du Sud, Asie du Sud Est), où on observe un nombre important de cas en été et en automne, en raison de la chaleur et des précipitations. En Europe, la leptospirose est de plus en plus fréquente. Plusieurs experts la définissent comme un enjeu de santé publique émergent, favorisé par divers facteurs, comme le réchauffement climatique et l’urbanisation, qui amènent les rongeurs à proliférer dans les villes.

Des bactéries disséminées par les rongeurs

La leptospirose est une maladie bactérienne provoquée par des leptospires. L’espèce la plus couramment rencontrée est la Leptospira interrogans. Elle inclut plus de 20 sérogroupes, dont la Leptospira icterohaemorrhagiae, à l’origine d’une forme grave de la maladie. Les leptospires sont présentes naturellement dans l’organisme des rongeurs et dans leurs urines, ce qui induit une contamination de l’environnement. Elles peuvent résister jusqu’à 6 mois dans les milieux extérieurs comme l’eau douce et les sols boueux.

Mode de contamination

La contamination à la leptospirose peut se faire de façon directe ou indirecte. Lorsque les leptospires se retrouvent dans l’environnement, elles peuvent infecter les animaux d’élevage, comme les bovins, les chevaux ou les porcs. L’autocontamination au sein des troupeaux se fait alors rapidement. Les animaux de compagnie, en particulier les chiens, peuvent également être contaminés.

La leptospirose est transmise à l’Homme par contact avec un animal infecté, ou lors d’une morsure. La contamination peut aussi se faire par l’inhalation de gouttelettes ou à l’occasion d’une baignade en eau douce. Les bactéries pénètrent dans l’organisme par le biais de la peau lésée (plaie, coupure, éraflure) ou des muqueuses des yeux, du nez et de la bouche. Il arrive aussi que la contamination se fasse lorsque les égouts débordent en cas de fortes pluies et d’orages.

Certaines personnes ont des risques plus élevés que la population générale d’être exposées à la maladie du rat, en raison de leur activité professionnelle. C’est le cas des agriculteurs, des éleveurs, des éboueurs, des égoutiers, des vétérinaires et des personnes travaillant dans les abattoirs. Plusieurs loisirs nautiques constituent également des situations à risque, comme la baignade en eau douce, la pratique du canoë et du kayak, de la pêche, du rafting ou du canyonning.

Symptômes de la leptospirose

Non contagieuse, la leptospirose est le plus souvent bénigne chez l’Homme. Toutefois, il existe aussi des formes sévères nécessitant une prise en charge en milieu hospitalier.

Dans les 8 jours qui suivent la contamination, les leptospires rejoignent la circulation sanguine, les organes, puis les tissus. Elles attaquent en premier lieu le foie, les reins et le système nerveux. Les toxines des bactéries et les réactions immunitaires déclenchées par l’organisme entraînent des lésions plus ou moins importantes des cellules et des tissus. Au bout de 15 jours, les bactéries de la leptospirose sont éliminées par voie urinaire.

Les symptômes de la maladie du rat sont d’une sévérité variable et se manifestent après une période d’incubation allant de 4 à 14 jours. La forme la plus fréquente de la leptospirose (8 cas sur 10) est comparable à un syndrome pseudo-grippal. Elle se caractérise par une fièvre élevée (39-40 °C), des maux de tête, des douleurs musculaires et articulaires. Certaines personnes peuvent aussi présenter une conjonctivite ou une éruption cutanée similaire à celle de la rougeole.

La maladie du rat peut parfois être plus grave. On parle alors de forme ictéro-hémorragique, ou encore de maladie de Weil. Les risques de contracter cette forme sont plus élevés en cas de dénutrition, d’alcoolisme et de déficit immunitaire. Dans ce cas, il y a une attaque multiviscérale, avec des hémorragies plus ou moins importantes. Une insuffisance rénale aiguë survient, nécessitant le recours à la dialyse. Le foie est également atteint, avec l’apparition d’un ictère (jaunisse). La maladie de Weil provoque aussi des manifestations cardiaques (péricardite, myocardite), des signes neurologiques, des convulsions et, parfois, le coma.

Leptospirose : diagnostic et traitement

En l’absence de prise en charge, la leptospirose est une maladie qui peut entraîner des complications graves. Il est donc essentiel de la diagnostiquer rapidement pour bénéficier d’un traitement adapté.

Le diagnostic de la maladie du rat

Si vous constatez l’apparition de symptômes évocateurs de la leptospirose, consultez votre médecin rapidement et mentionnez les éventuelles situations à risque auxquelles vous avez été exposé (baignade en eau douce par exemple). Durant la première semaine de la maladie, à compter du début de la fièvre, un prélèvement de sang ou de liquide céphalorachidien est effectué afin de mettre en avant les leptospires ou leur génome. À partir de la deuxième semaine, une sérologie peut être réalisée pour rechercher des anticorps spécifiques à la leptospirose.

Traitement de la leptospirose

Dans l’idéal, le traitement de la leptospirose doit être administré dès le début de la maladie, parfois avant le retour des examens biologiques. Il s’appuie sur des antibiotiques et plus précisément sur l’amoxicilline, la céphalosporine et les cyclines, qui sont envisagées en première intention. L’objectif de l’antibiothérapie est de limiter les complications, de réduire la durée et l’intensité des symptômes, ainsi que le temps de présence des bactéries dans les reins afin qu’elles soient éliminées plus rapidement par les urines. Avec les antibiotiques, la leptospirose guérit généralement en 1 mois. Les différentes complications font l’objet d’un traitement symptomatique spécifique. En cas de forme grave de la leptospirose, une hospitalisation est nécessaire, parfois en service de réanimation.

Comment prévenir la leptospirose ?

La prévention de la leptospirose repose essentiellement sur la dératisation et des mesures d’hygiène. Celles-ci doivent être particulièrement bien suivies en cas d’exposition éventuelle aux bactéries responsables de la maladie du rat :
  • si vous avez des plaies, désinfectez-les et protégez-les avec un pansement résistant à l’eau ;
  • lavez-vous soigneusement les mains à l’eau et au savon après toute activité à l’extérieur ;
  • évitez les contacts des mains souillées avec les yeux, le nez, la bouche ;
  • portez des équipements de protection adaptés à l’activité (bottes, surchaussures, combinaison, lunettes).

Notre sélection :

Il existe aussi un vaccin contre la leptospirose. Toutefois, ses indications sont restreintes et son intérêt est évalué au cas par cas, en tenant compte des risques environnementaux et individuels. Les personnes qui exercent une profession impliquant un risque d’exposition à la leptospirose peuvent par exemple se renseigner sur leur éligibilité au vaccin auprès de la médecine du travail. Il s’agit d’un vaccin monovalent, efficace contre la Leptospira interrogans (30 % des cas) et provoquant fréquemment des effets secondaires. Notez qu’il existe également un vaccin multivalent pour protéger les chiens de la contamination par la leptospirose. N’hésitez pas à demander conseil à votre vétérinaire.

À retenir

La leptospirose, ou maladie du rat, est provoquée par des bactéries appelées leptospires. Elle sévit essentiellement dans les pays tropicaux et subtropicaux, mais de plus en plus de cas sont observés dans l’hémisphère nord. Cette zoonose est transmise par l’urine d’animaux, notamment celle des rongeurs, qui contamine l’environnement et d’autres animaux. Les bactéries à l’origine de la leptospirose résistent plusieurs mois dans l’eau douce et les sols boueux. L’Homme est un hôte accidentel qui peut être contaminé lors d’un contact direct avec un animal infecté, en cas de morsure, ou à l’occasion d’activités nautiques. Certaines professions sont également à risque, comme les égoutiers, les agriculteurs, les éboueurs ou encore les vétérinaires. La prévention de la leptospirose passe par la dératisation et des mesures d’hygiène. Enfin, il est possible de se faire vacciner en cas de facteurs de risques environnementaux et individuels.