Coryza des poules : symptômes, traitement et prévention
- Par Benjamin Blondin, mis à jour le 05/06/2026 à 15h06, publié le 05/06/2026 à 15h06
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Une poule qui éternue ou présente un écoulement nasal n’est pas simplement « enrhumée ». Chez les volailles, ces symptômes peuvent être liés à plusieurs maladies respiratoires, dont le coryza infectieux. Cette affection bactérienne est contagieuse et peut rapidement atteindre plusieurs animaux d’un même poulailler.
L’observation des symptômes permet de réagir rapidement, mais elle ne suffit pas à établir un diagnostic. Une consultation vétérinaire est indispensable pour identifier l’agent responsable, choisir un éventuel traitement et écarter des maladies plus graves présentant des signes similaires.
Qu’est-ce que le coryza infectieux des poules ?
Le coryza infectieux est une maladie aiguë des voies respiratoires supérieures de la poule. Il est provoqué par une bactérie appelée Avibacterium paragallinarum, anciennement connue sous le nom d’Haemophilus paragallinarum.
Cette bactérie entraîne principalement une inflammation des fosses nasales et des sinus situés sous les yeux. La maladie semble toucher spécifiquement les poulets et les poules. Elle n’est pas considérée comme une zoonose : le coryza infectieux de la poule ne se transmet donc pas à l’être humain.
Dans le langage courant, le mot « coryza » est parfois employé pour désigner tout écoulement nasal chez une volaille. Cette utilisation peut prêter à confusion. Une bronchite infectieuse, une mycoplasmose, la maladie de Newcastle, l’influenza aviaire ou certaines infections secondaires peuvent produire des symptômes proches. La présence d’éternuements ne permet donc pas, à elle seule, de conclure à un coryza infectieux.
Quels sont les symptômes du coryza chez la poule ?
Les premières manifestations peuvent être discrètes. La poule paraît moins active, reste à l’écart du groupe ou consomme moins d’eau et de nourriture. Elle peut ensuite présenter différents signes respiratoires et oculaires :
- des éternuements ;
- un écoulement nasal clair, puis parfois plus épais ;
- un larmoiement ou un écoulement au niveau des yeux ;
- une conjonctivite ;
- un gonflement de la face et des paupières ;
- un gonflement d’un ou des deux sinus situés sous les yeux ;
- des bruits respiratoires anormaux ;
- une difficulté à ouvrir les yeux lorsque l’œdème est important.
Chez certains animaux adultes, notamment les coqs, le gonflement peut s’étendre aux barbillons et à la région située sous le bec. La ponte peut diminuer fortement chez les poules pondeuses. Une baisse de la consommation alimentaire et hydrique est également fréquente pendant la phase aiguë.
Dans les formes non compliquées, la mortalité reste généralement faible. Le risque augmente cependant en cas de surinfection ou d’association avec une autre maladie respiratoire, par exemple une mycoplasmose ou une infection virale.
Comment le coryza se transmet-il dans le poulailler ?
Le délai entre la contamination et l’apparition des premiers symptômes est généralement court, de l’ordre de un à trois jours. La maladie évolue habituellement pendant deux à trois semaines, mais elle peut durer plus longtemps lorsque plusieurs agents infectieux sont présents.
La transmission s’effectue par contact direct entre une poule malade ou porteuse et une poule saine. Elle peut également être indirecte, notamment par :
- les gouttelettes respiratoires ;
- l’eau de boisson contaminée ;
- les mangeoires et les abreuvoirs ;
- le matériel utilisé dans plusieurs poulaillers ;
- les chaussures, les vêtements ou les mains des personnes manipulant les oiseaux.
Une poule apparemment guérie peut rester porteuse de la bactérie et constituer une source de contamination pour de nouveaux animaux. L’introduction d’une poule porteuse dans un groupe jusque-là indemne représente ainsi un risque important.
La transmission de la bactérie par l’intermédiaire de l’œuf n’a pas été mise en évidence. En revanche, les œufs peuvent être souillés extérieurement par l’environnement du poulailler, ce qui justifie de maintenir une hygiène rigoureuse.
Comment savoir s’il s’agit réellement d’un coryza ?
Le gonflement de la face associé à des écoulements nasaux et oculaires peut orienter le vétérinaire vers un coryza infectieux. Néanmoins, ces signes ne sont pas suffisamment spécifiques pour confirmer la maladie.
Le diagnostic peut reposer sur la mise en culture de la bactérie ou sur une analyse PCR recherchant son matériel génétique. Les prélèvements sont généralement réalisés au niveau des sinus ou des sécrétions respiratoires.
Cette confirmation permet aussi d’écarter d’autres causes telles que la mycoplasmose, la bronchite infectieuse, la pasteurellose, la laryngotrachéite infectieuse, la maladie de Newcastle, l’influenza aviaire ou une carence en vitamine A.
Une forte prostration, une mortalité brutale, des troubles nerveux, une diarrhée importante, une coloration violacée de la crête ou des difficultés respiratoires sévères doivent conduire à contacter immédiatement un vétérinaire. L’influenza aviaire peut notamment provoquer des troubles respiratoires, digestifs ou nerveux, un œdème de la tête, une chute de ponte et une mortalité rapide.
Que faire lorsqu’une poule présente des symptômes ?
La première mesure consiste à séparer la poule malade du reste du groupe. Cet isolement ne garantit pas que les autres poules n’ont pas déjà été exposées, mais il réduit les contacts directs et facilite la surveillance de l’animal.
Il est également recommandé de :
- placer la poule dans un espace propre, sec et correctement ventilé ;
- lui laisser de l’eau fraîche et une alimentation facilement accessibles ;
- nettoyer les mangeoires et les abreuvoirs ;
- réserver du matériel spécifique aux animaux isolés ;
- s’occuper des poules saines avant de manipuler les animaux malades ;
- se laver les mains et changer ou nettoyer les chaussures après les soins ;
- surveiller l’apparition de symptômes chez les autres volailles.
Les huiles essentielles, les préparations maison et les médicaments destinés à l’être humain ne permettent pas d’identifier la cause de la maladie. Ils peuvent retarder la consultation ou exposer la poule à des substances inadaptées.
Quel est le traitement du coryza des poules ?
Le coryza infectieux étant provoqué par une bactérie, un traitement antibiotique peut être envisagé par le vétérinaire. Une prise en charge précoce peut améliorer l’état des oiseaux atteints. Toutefois, le traitement ne supprime pas toujours le portage de la bactérie et des rechutes peuvent survenir après son arrêt.
Le choix de l’antibiotique doit tenir compte de la sensibilité de la bactérie, du contexte de l’élevage et de la réglementation applicable aux animaux producteurs de denrées alimentaires. Des résistances à plusieurs familles d’antibiotiques ont été décrites. Les données officielles recommandent donc, lorsque cela est possible, d’appuyer le traitement sur l’identification de la bactérie et sur un test de sensibilité aux antibiotiques.
Il ne faut jamais administrer à une poule un reste d’antibiotique ou un médicament prévu pour une autre espèce. Certains produits ne peuvent pas être utilisés chez les poules dont les œufs sont destinés à la consommation humaine. D’autres imposent un délai d’attente pendant lequel les œufs ou la viande ne doivent pas être consommés. Seuls le vétérinaire et la notice du médicament peuvent préciser les restrictions à respecter.
Comment prévenir le coryza dans une basse-cour ?
La prévention repose principalement sur la biosécurité, car une poule porteuse peut introduire la bactérie dans un poulailler sain. Toute nouvelle volaille doit être maintenue à l’écart du groupe pendant une période d’observation avant son introduction.
Plusieurs précautions permettent de réduire les risques :
- acheter les volailles auprès d’élevages dont l’état sanitaire est connu ;
- éviter les échanges fréquents d’animaux entre plusieurs basses-cours ;
- ne pas mélanger immédiatement des poules d’origines différentes ;
- nettoyer régulièrement les abreuvoirs, les mangeoires et les locaux ;
- éviter le partage de matériel avec d’autres détenteurs de volailles ;
- limiter les visites et les déplacements entre plusieurs poulaillers ;
- contrôler l’humidité, les poussières et la qualité de l’air ;
- séparer les différents groupes d’âge lorsque cela est possible.
Des vaccins contre le coryza infectieux existent dans certains contextes d’élevage. Leur intérêt dépend notamment des souches bactériennes présentes localement, car les différents sérotypes ne procurent pas nécessairement une protection croisée. La mise en place d’un programme vaccinal relève donc d’une décision vétérinaire.
Quand faut-il consulter un vétérinaire ?
Un avis vétérinaire est recommandé dès que plusieurs poules présentent des signes respiratoires ou lorsque les symptômes persistent, s’aggravent ou s’accompagnent d’un gonflement important de la face.
La consultation devient urgente en présence d’une mortalité soudaine, de troubles nerveux, d’une détresse respiratoire, d’une chute brutale de la consommation d’eau ou d’aliment, ou d’une atteinte rapide de nombreux oiseaux. Ces manifestations peuvent correspondre à une autre maladie contagieuse nécessitant des mesures sanitaires particulières.
Isoler les animaux symptomatiques, renforcer l’hygiène et obtenir rapidement un diagnostic constituent les trois réflexes essentiels. Une prise en charge précoce protège la poule malade, mais aussi l’ensemble de la basse-cour.
Sources
MSD Veterinary Manual, « Infectious Coryza », révision d’août 2024.Texas A&M Veterinary Medical Diagnostic Laboratory, « Infectious coryza in chickens ».
Anses, « L’influenza aviaire en 11 questions ».
Anses – Agence nationale du médicament vétérinaire, résumé des caractéristiques d’un médicament vétérinaire indiqué dans le coryza causé par Avibacterium paragallinarum.
University of Minnesota Extension, « Diseases of small poultry flocks – Infectious Coryza ».
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