Attelle de doigt : indications et conseils pour la choisir

Attelle de doigt : indications et conseils pour la choisir
Les mains sont les parties du corps les plus exposées et les plus sollicitées au cours de la journée. Les professions manuelles ainsi que certaines activités comme le sport ou le bricolage peuvent être à l’origine de blessures plus ou moins traumatisantes au niveau des doigts : entorse, luxation, fracture, rupture ou élongation de tendon. Dans certains cas, la pose d’une attelle est indispensable pour protéger, réduire les sensations douloureuses et favoriser le retour d’une bonne mobilité. Il existe différents types d’attelles de doigt, chacune correspondant à un usage et à un objectif bien précis. Pharma GDD fait le point sur les différentes situations qui peuvent nécessiter le recours à une orthèse de doigt et vous précise les critères à prendre en compte pour bien la choisir.

Anatomie de la main : quelques précisions

La main est une partie du corps dotée d’une structure anatomique extrêmement complexe composée d’os, de nombreuses articulations, de muscles, de tendons, d’artères et de nerfs. Tous ces éléments s’associent pour permettre la réalisation des mouvements du quotidien. Ils peuvent toutefois être touchés par différents traumatismes qui vont les fragiliser et nécessiter le port d’une attelle de doigt, appareillage chargé de protéger ou de mettre au repos le ou les doigt(s) touché(s).

Carpe, métacarpe, phalanges

Les os de la main sont regroupés en trois groupes distincts : le carpe, le métacarpe et les phalanges. Le carpe, qui permet la jonction avec l’avant-bras, est constitué de huit os disposés sur deux rangées (proximale et distale) de quatre os chacune. On retrouve au niveau du carpe un canal ostéo-fibreux connu sous le terme canal carpien. Les tendons fléchisseurs des doigts et le nerf médian s’y glissent et peuvent être atteints par ce que l’on appelle le syndrome du canal carpien.

Le métacarpe désigne l’ensemble formé par les os longs de la main, au nombre de cinq. Comme les doigts, les métacarpiens sont numérotés de 1 pour le pouce à 5 pour l’auriculaire. Leur base est rattachée au carpe et leur partie supérieure se prolonge par les phalanges.

Chaque doigt possède trois phalanges, à l’exception du pouce qui en compte deux. Il faut distinguer la phalange proximale (première phalange ou P1), la phalange moyenne (P2) et la phalange distale (P3). Les articulations métacarpo-phalangiennes des doigts réunissent les têtes des métacarpiens et les bases des phalanges proximales. Leurs mouvements sont assurés par les ligaments latéraux et la plaque palmaire, un fibro-cartilage solidement fixé à la première phalange. Au niveau des phalanges, il existe deux articulations : proximale (IPP), entre P1 et P2, et distale (IPD), entre P2 et P3.

Muscles et tendons

Les os de la main sont complétés par un ensemble de muscles et de tendons d’une grande complexité. Par leur contraction et leur relâchement, ces éléments rendent possibles les différents mouvements de la main et des doigts. Plusieurs systèmes coexistent :
  • les muscles et tendons fléchisseurs ;
  • les muscles et tendons extenseurs ;
  • les muscles thénariens externes et internes ;
  • les muscles interosseux dorsaux et palmaires ;
  • les muscles lombricaux ;
  • les muscles hypothénariens.

Artères et nerfs

La main est vascularisée par deux artères différentes : l’artère radiale et l’artère ulnaire. A partir du poignet, l’artère radiale rejoint la face dorsale du carpe en passant sous les tendons et en traversant les muscles. L’artère ulnaire passe quant à elle par le canal de Guyon pour pénétrer dans la paume de la main et s’associer à l’artère radiale par le biais d’une branche superficielle. Le drainage veineux au niveau des doigts se fait ensuite grâce à la complémentarité du système profond et du système superficiel.

Plusieurs nerfs se situent dans la main et lui apportent à la fois motricité et sensibilité. Le nerf médian est, au niveau du poignet, situé entre deux tendons. Il rejoint la main en s’engageant dans le canal carpien et en ressort composé à 94 % de fibres sensitives et à 6 % de fibres motrices. Le nerf ulnaire passe dans le canal de Guyon avec l’artère ulnaire. Enfin, le nerf radial se divise en deux branches au niveau du coude et c’est la branche superficielle qui rejoint la main en suivant le radius.

Traumatismes et pathologies les plus courants

Les traumatismes

Les doigts peuvent être touchés par de nombreux traumatismes plus ou moins invalidants, ce qui explique la diversité des attelles proposées. L’entorse du doigt est sans doute l’une des lésions les plus fréquentes avec la fracture. Elle correspond à l’allongement d’un ligament voire à sa rupture dans les formes les plus graves et se produit généralement à la suite d’une hyper-extension du doigt, notamment dans les sports de balles comme le basket ou le handball. L’entorse entraîne un important gonflement voire un hématome et, le plus souvent, le port d’une attelle est préconisé pour immobiliser le doigt touché. L’entorse du pouce est une forme grave qui se caractérise par l’arrachement du ligament qui s’extrait alors de la zone où il est habituellement inséré. Dans ce cas, la cicatrisation spontanée est très difficile voire impossible et la chirurgie indispensable pour éviter toute complication.

La luxation du doigt désigne la perte de contact entre deux surfaces articulaires. Il peut s’agir de l’articulation entre un métacarpe et une phalange ou entre deux phalanges. Ce traumatisme peut être potentiellement grave et causé un raidissement important du doigt. Lorsqu’il s’agit d’une luxation inter-phalangienne proximale (entre la première et la deuxième phalange), l’immobilisation partielle du doigt à l’aide d’une attelle de doigt est conseillée après la remise en place de l’articulation.

Les fractures de doigts sont fréquentes lors d’accidents sportifs ou de chutes. Seules les formes stables, pas ou peu déplacées peuvent être soignées grâce au port d’une orthèse de doigt. Les fractures de la troisième phalange, souvent désignées sous le terme mallet finger ou doigt en maillet, seront traitées de la même manière avec une attelle spécifique qui maintiendra le doigt en hyper-extension.

Les pathologies chroniques

Très répandu dans la population (surtout pendant la grossesse et chez les femmes vers la cinquantaine), le syndrome du canal carpien est dû à la compression du nerf médian au niveau du poignet. Ce nerf est impliqué dans la sensibilité des pulpes du pouce, de l’index et du majeur. Lorsque le canal dans lequel il s’insère se rétrécit, cela ralentit l’influx électrique et entraîne des sensations d’engourdissement, des douleurs du pouce, de l’index et du majeur. Une attelle de doigt portée la nuit permet de soulager les symptômes. Sa prescription dépendra du degré de compression du nerf.

Autre pathologie fréquente chez les femmes à partir de l’âge de 50 ans : l’arthrose du pouce, également appelée rhizarthrose. Localisée à la base du pouce, au niveau de l’articulation entre le trapèze (un des os du carpe) et le métacarpe, elle provoque des douleurs qui peuvent être particulièrement intenses lors de la réalisation de gestes simples du quotidien impliquant la pince pollici-digitale (pouce + autre doigt). Une attelle thermoformée sur-mesure peut être prescrite aux personnes souffrant d’arthrose du pouce afin de le maintenir dans la bonne position.

Les différents types d’attelles de doigt et leurs indications

Les sociétés spécialisées en matériel d’orthopédie ont développé différents types d’attelles qui permettent, selon la situation de chacun, de corriger une déficience ou de mettre au repos un doigt traumatisé afin d’en garantir la guérison.

Les attelles de stabilisation et d’immobilisation

Les attelles de doigt destinées à la stabilisation et à l’immobilisation permettent d’empêcher les mouvements de l’articulation du pouce ou de toutes les phalanges des autres doigts. Elles peuvent partir du poignet et stabiliser un seul ou plusieurs doigts ou, plus simplement, être posée sur un seul doigt. Ce type d’attelle est généralement recommandé en cas d’entorse, de fracture peu ou pas déplacée, à la suite d’une luxation des première et deuxième phalanges ou de lésions de la troisième phalange.

Plusieurs attelles de stabilisation existent : maillet, grenouille, baseball, stack, à simple ou double guide. Certaines attelles de doigt dites de syndactylie permettent d’immobiliser le doigt touché en le maintenant au doigt voisin, limitant ainsi les mouvements.


Notre sélection :

Les attelles d’extension

Les attelles d’extension sont des attelles dynamiques qui permettent de retrouver de l’amplitude articulaire après un raidissement ou un déchirement des tendons fléchisseurs. Elles exercent une légère traction sur le doigt touché pour lui redonner petit à petit ses capacités d’extension et sa mobilité complète.

Ce type d’attelle de doigt est également indiqué pour soigner ce que l’on appelle la déformation en boutonnière. Cette affection se caractérise par deux éléments : l’hyper-flexion de l’articulation entre la première et la deuxième phalange (courbure vers la paume de la main) et l’hyper-extension de l’articulation distale (courbure vers le haut). Elle peut être liée à une polyarthrite rhumatoïde, à une arthrose ou à une lésion comme une luxation du tendon extenseur ou une fracture du doigt. L’attelle d’extension permet alors de maintenir l’articulation centrale en extension.

Les attelles de flexion

Tout comme les attelles d’extension, les attelles de flexion sont des attelles dynamiques indiquées pour retravailler la flexion d’un ou plusieurs doigts. Elles maintiennent le doigt concerné en position fléchie et sont recommandées principalement pour assurer la rééducation à la suite d’une lésion ligamentaire ou d’une intervention chirurgicale impliquant un risque de raidissement du doigt.

Les anneaux de Murphy

Les anneaux de Murphy sont des attelles de doigt discrètes qui ont pour but de corriger une malformation naissante d’un ou plusieurs doigts due notamment à la polyarthrite rhumatoïde (déformation en col de cygne). Ils garantissent une mobilité et une autonomie complètes dans les gestes du quotidien tout en empêchant les articulations d’effectuer des mouvements nocifs qui auraient pour effet d’aggraver la malformation.

L’attelle de pouce en cas de rhizarthrose

Le principal traitement de la rhizarthrose consiste à porter une attelle afin de redresser le pouce et éviter qu’il ne s’enfonce vers la paume de la main. L’attelle de pouce permet également de réduire les sensations douloureuses dues à l’inflammation de la zone, décontracter les muscles et maintenir le pouce dans une position de repos pour freiner le phénomène d’enraidissement de l’articulation. L’attelle de pouce se fixe au poignet et se porte principalement pendant la nuit ou en cas de douleurs survenant au cours de la journée.

Comment choisir son attelle de doigt ?

Avant de choisir une attelle de doigt, il faut avant tout déterminer pour quel traumatisme ou quelle pathologie elle doit être utilisée. Pour cela, l’idéal est de consulter un médecin qui orientera ensuite si besoin vers un spécialiste en orthopédie. L’orthèse de doigt peut être obtenue avec une prescription ou librement en pharmacie. Selon le type d’attelle, il faudra prendre des mesures pour qu’elle soit parfaitement adaptée à la taille et à la morphologie du doigt et privilégier les attelles avec des broches ou des sangles pour un maintien optimal.

D’autres critères sont à prendre en compte au moment de choisir une attelle de doigt. Elle doit être confortable, légère et souple pour entraîner le moins de contraintes possible dans la vie quotidienne. Les orthèses de doigts sont fabriquées dans différents matériaux : les structures peuvent être en aluminium, en plastique ou entièrement en tissu et renforcées avec une mousse ou un tissu capitonné pour davantage de confort. Ce critère n’est pas négligeable, surtout lorsque l’attelle doit être portée durant plusieurs semaines.


Traumatisme Examens / Intervention Type d'attelle recommandé
Entorse de doigt Radiographie de contrôle Attelle de stabilisation/immobilisation (grenouille, baseball, syndactylie, etc.) puis éventuellement attelle de flexion pour rééducation



Entorse de pouce Opération chirurgicale (réinsertion du ligament) + immobilisation du pouce
Luxation Remise en place de l'articulation avec ou sans anesthésie (manoeuvre externe) + immobilisation
Fracture stable Radiographie de contrôle


Selon l’objectif recherché et la gravité du traumatisme, l’attelle pourra être portée pendant une durée pouvant aller de quelques jours pour une simple entorse d’un doigt à six semaines pour une fracture non déplacée.

A retenir

En cas d’entorse, de luxation ou de fracture d’un doigt, votre médecin vous prescrira sans doute une attelle afin d’immobiliser et de stabiliser le doigt touché le temps de la cicatrisation. Une attelle peut également être indiquée en cas de pathologie nécessitant le repos des doigts comme l’arthrose du pouce par exemple. Il existe différents types d’attelles de doigt, chacune ayant une fonction particulière : stabilisation, flexion, extension. Le choix de l’attelle dépendra de plusieurs critères, notamment le type de lésion. Il faudra également prendre en compte le confort, la légèreté et l’ajustement de l’orthèse au doigt concerné afin qu’elle soit parfaitement adaptée et n’entraîne pas de contraintes au quotidien.