Prévention et traitement des allergies au soleil

Avec le retour de l’été, les sorties à la plage ou simplement dans le jardin font également leur grand retour pour profiter du soleil. Mais avec l’arrivée du beau temps viennent aussi des risques accrus de brûlures et de coups de soleil, ces compagnons indésirables des vacanciers, ainsi que des allergies au soleil. Mais ces différents phénomènes sont loin d’être identiques et il convient de savoir les différencier pour les traiter au mieux.
Si les coups de soleil, des rougeurs parfois accompagnées de brûlures des couches supérieures de la peau, sont relativement reconnaissables, ce n’est pas forcément le cas des différentes formes d’allergies au soleil, qu’il ne faut pas confondre. Par ailleurs, certaines crèmes solaires peuvent provoquer des réactions allergiques après l’application sur la peau, et s’il ne s’agit pas d’allergies au soleil directement, ces irruptions cutanées se soignent de façon similaire.

Reconnaître les allergies au soleil

Ces dernières se manifestent sous des formes diverses, dont les principales sont les lucites, l’urticaire solaire, à ne pas mélanger avec les réactions allergiques créées ou aggravées par la prise de certains médicaments ou crèmes.

Lucite bénigne et polymorphe

Déclenchée par un certain type de rayonnement solaire, les UVs A, la lucite est caractérisée par l’apparition de tâches rouges de petites tailles, sur les zones exposées au soleil, notamment le décolleté, les épaules, le cou, mais pas le visage. Ces tâches s’accompagnent de démangeaisons plus ou moins fortes dépendant de la personne. Touchant presque 10% des adultes, en grande majorité des femmes, la lucite se déclare la plupart du temps à la fin de l’adolescence, entre 15 et 20 ans.
La lucite bénigne est déclenchée par une exposition brutale au soleil sur les peaux non protégées mais se remet assez rapidement en appliquant les bons traitements. Elle se différencie de la lucite polymorphe, bien plus rare mais aussi bien plus douloureuse et invalidante. Celle-ci apparaît 12 à 24 heures après l’exposition au soleil et récidive chaque année, de manière croissante.

Urticaire solaire

Ces affections cutanées ne doivent pas être confondues avec l’urticaire solaire. En effet, même si la cause est la même, l’exposition de peaux sensibles aux rayons du soleil, ici les manifestations de l’urticaire solaire sont parfois de couleur blanche. Dans certains cas extrêmes, l’urticaire solaire peut même provoquer des maux de têtes et des nausées, ainsi qu’une élévation du rythme cardiaque ou des baisses de tension.

On peut différencier l’urticaire solaire des lucites grâce à un « photo-test » qui va définir quelles ondes du soleil provoquent la réaction allergique, les UVs A pour les lucites ou les UVs B pour l’urticaire solaire par exemple.

Les autres dermatoses

Certaines irruptions cutanées sont liées à des facteurs externes qui sont exacerbés par le soleil et résultent en des réactions allergiques similaires aux autres dermatoses vues précédemment.

Parmi celles-ci, le lupus est une maladie auto-immune dont les signes extérieurs comprennent des érythèmes sur le visage, sur la région dite du masque de loup. Ces irruptions cutanées en plaques sont parfois liées à l’exposition de la peau au soleil, qui agit donc comme élément déclencheur de la dermatose dont la cause est plus insidieuse.

Autre exemple, certains médicaments et crèmes pour la peau agissent comme des photo-sensibilisants, c’est-à-dire qu’ils rendent la peau plus sensible au soleil sur les surfaces exposées et causent l’apparition de dermatoses semblables aux autres phénomènes évoqués. Cette photosensibilisation peut se faire de façon externe, par des crèmes, notamment des crèmes de jour et d’autres cosmétiques comme le baume du Pérou, ainsi que certains anti-inflammatoires locaux et certains dermocorticoïdes. Elle peut également agir de façon interne, après l’ingestion de certains médicaments réagissant avec les cellules du derme et de l’épiderme. Parmi ceux-ci on retrouve des antibiotiques, des antipaludéens de synthèse ou encore certains antihistaminiques.
Vous pouvez consulter notre fiche « Médicaments et photosensibilisation », pour en savoir plus sur ce sujet.

Enfin, les dermatoses sont parfois provoquées par des allergies aux crèmes solaires, que ce soit leurs principes actifs ou par l’action photosensibilisante des filtres solaires eux-mêmes. Certains filtres chimiques provoquent en effet des cas d’eczéma de contact, lorsque la personne est allergique à la crème appliquée, tandis que d’autres ont le même effet que certains cosmétiques cités plus haut. Pour ces personnes, on se tournera vers des filtres minéraux.
Sélection :

 


Prévenir la lucite : se protéger du soleil

Les cas de dermatoses liées au soleil les plus répandus restent les lucites, et contre cette pathologie la prévention reste simple. La plus efficace des défenses est en effet la protection contre les rayons du soleil. Par cela, on entend l’application de crèmes solaires qui ne présentent pas de risques d’allergies pour la personne concernée, ainsi que la limitation de l’exposition aux rayons du soleil entre midi et 16h, en restant à l’ombre et en couvrant les zones les plus sensibles, que sont pour rappel le décolleté, la nuque et le cou, ainsi que l’arrière des jambes.

Se protéger du soleil est un passage obligatoire pour profiter pleinement de ses vacances et il est important d’être complet et de couvrir toutes les zones sensibles avec une forme ou une autre de protection solaire. Parmi celles-ci bien sûr les crèmes solaires, mais également des lunettes et un chapeau à larges bords pourront vous protéger des rayons du soleil.

Une autre façon de prévenir la lucite solaire, qui tend à rendre le corps plus résistant face aux assauts du soleil, est la prise de caroténoïdes. On retrouve ces anti-oxydants dans des aliments divers, notamment des légumes comme les carottes, les tomates, le maïs, les courges ou encore dans les crevettes ou la chair du saumon. Une fois ingérés, les caroténoïdes sont assimilés par le corps et convertis en vitamine A, qui favorisent l’hydratation de la peau ainsi que la production de mélanine, qui aide à la protection de la peau des rayons du soleil.
Pour en savoir plus sur, consultez notre fiche Comment bien préparer sa peau au soleil.

Enfin, une méthode médicale existe pour familiariser la peau aux rayons du soleil et la rendre moins sensible par des séances d’expositions aux rayons UV, il s’agit de la photothérapie. L’efficacité de ce traitement, prescrit par un dermatologue et pratiqué en cabinet médical, pas en cabine UV de bronzage, est généralement excellente. Cette exposition croissante aux rayons ultra-violets permet d’adapter progressivement la tolérance de la peau.
 

Traitement des allergies au soleil

Bien que rien n’existe pour faire disparaître les plaques immédiatement en cas de lucite ou d’urticaire solaire, il est possible de traiter les allergies au soleil, notamment pour soulager les démangeaisons liées aux irruptions cutanées. Ces traitements peuvent être soit d’utilisation locale soit par voie interne.

Crèmes à la cortisone

Il est conseillé en cas de réaction allergique au soleil d’appliquer un antihistaminique ou un corticoïde localement pour apaiser les démangeaisons et traiter la réaction cutanée. Il est recommandé d’appliquer la crème deux fois par jour, sur une épaisseur relativement fine pour ne pas agresser plus la peau, et de continuer le traitement pendant au moins trois jours. En revanche, si les symptômes persistent, consultez un médecin car il est possible qu’il s’agisse d’une lucite polymorphe, au traitement différent.

Il est également important d’arrêter l’exposition au soleil, en appliquant les techniques de prévention citées ci-dessus ou simplement en restant à l’intérieur pendant la durée de la poussée et quelques temps après. Il est primordial de laisser à la peau le temps de se réparer avant de l’exposer à nouveau aux rayons du soleil et le faire avec prudence et en se protégeant bien.

Antihistaminiques par voie orale

Une autre manière de réduire l’inflammation et de soulager les démangeaisons est de prendre un antihistaminique par voie orale. Ces médicaments sont utilisés dans de nombreux cas d’états allergiques comme les rhinites allergiques, l’urticaire classique et donc les allergies au soleil. Il s’agit de prendre un comprimé par jour pendant la durée d’apparition des démangeaisons et des rougeurs, après avoir consulté son médecin. Ce traitement est valable à partir de 12 ans, et ne convient pas aux enfants en bas-âge.

Attention cependant, certains de ces médicaments, on l’a dit, peuvent interagir avec le soleil et avoir un effet photosensibilisant sur la peau. Il faut donc être attentifs aux antihistaminiques que l’on prend dans cette situation pour éviter les effets secondaires indésirables voire contre-productifs. De la même manière, ils peuvent comporter des contre-indications, c’est pourquoi il faut toujours demander l’avis de votre pharmacien.

Le plus important : la prévention

On ne le dira jamais assez, mais pour se protéger du soleil, que ce soit de ses coups douloureux ou des allergies qu’il peut provoquer, la meilleure action reste la prévention. Couvrir les surfaces les plus sensibles, prévoir des parasols et des chapeaux pour se tenir à l’ombre et éviter les heures où le soleil est le plus agressif, entre midi et 16h.  
Ainsi pour prévenir les allergies au soleil, il peut être bon d’adopter un régime alimentaire riche en caroténoïdes, mais surtout de prévoir de quoi protéger sa peau des attaques des rayons ultra-violets lorsqu’on se dirige vers la plage pour profiter des mois d’été.