Asthme : causes, symptômes et traitements

Asthme : causes, symptômes et traitements
L'asthme est une maladie qui concerne près de 4 millions de personnes en France. Les enfants sont particulièrement touchés. L'asthme est le fruit de la rencontre entre des facteurs de risque et des prédispositions génétiques. Cette affection chronique se manifeste par des crises plus ou moins sévères entraînant des difficultés respiratoires, et peut nuire à la qualité de vie de la personne qui en souffre. Des tests variés permettent de diagnostiquer l'asthme et d'orienter le traitement. Des médicaments sont disponibles, permettant tant de réduire la fréquence des crises d'asthme que de diminuer leur puissance. Pharma GDD fait le point sur cette maladie et ses traitements.

Quels sont les symptômes de l'asthme ?

L'asthme est une maladie caractérisée par une inflammation chronique des voies respiratoires. Toutes les personnes atteintes d'asthme ne présentent pas les mêmes symptômes. Pour les uns, ce ne sera qu'une simple toux. Pour les autres, l'asthme affectera durement la qualité de vie, voire les mettra en danger de mort.

Le mécanisme de l'asthme

Normalement, lorsque nous respirons, l'air inspiré par le nez et la bouche passe dans les bronches, puis dans les bronchioles, et enfin gagne les alvéoles, des "sacs" situés au niveau des poumons et où se font les échanges gazeux qui permettent l'oxygénation du corps et l'élimination du CO2.

Lors de l'asthme, sous l'effet de l'inflammation, au niveau des bronches, les muscles lisses se contractent et les parois se mettent à gonfler. Ce phénomène occasionne une diminution du diamètre des bronches. Il s'accompagne d'une trop grande sécrétion de mucus bronchique.
Le volume des alvéoles se réduit, à la manière de ballons de baudruche qui se dégonflent.

Les crises d'asthme

Ces deux processus (diminution du diamètre des bronches et présence de mucus en trop grande quantité) surviennent lors de ce l'on appelle généralement la crise d'asthme. Lors de ces épisodes, le malade a des difficultés à respirer. C'est ce que l'on nomme la dyspnée. Il y a émission d'un bruit de sifflement. Le malade ressent une oppression thoracique et tousse. Ces crises durent majoritairement moins de 20 minutes. Leurs effets sont généralement réversibles.

Dans les cas d'asthme sévère, il peut y avoir un "remodelage des voies aériennes" qui va aggraver la diminution du diamètre des bronches. Ces crises d'asthme sont séparées par de longues pauses lors desquelles le malade respire la plupart du temps sans problèmes. La durée de ces rémissions est très variable et se compte parfois en heures ou en jours, parfois en mois.

Les exacerbations de l'asthme

L'asthme est susceptible d'évoluer lors de "poussées", ou exacerbations. Pendant ces poussées, la personne souffrant d'asthme peut vivre une modification de ses crises, constater l'absence d'efficacité de son traitement habituel par bronchodilatateur et ne pas connaître de retour à la normale.

L'asthme aigu grave

Couramment abrévié en AAG, l'asthme aigu grave se caractérise par une détresse respiratoire aiguë. La respiration s'accélère, les lèvres et ongles se colorent en bleu, la personne atteinte éprouve une gêne pour parler ou pour marcher, et peut perdre connaissance. Cette forme de crise d'asthme nécessite l'appel du SAMU (15). Elle peut avoir 3 formes : la crise suraiguë, intense ; l'enchaînement de crises de plus en plus graves face auxquelles le traitement est sans effet ; la crise d'asthme classique, sans gravité, mais frappant une personne déjà fragilisée par une insuffisance cardiaque ou respiratoire.

Les causes de l'asthme

L'asthme est provoqué par la rencontre entre des facteurs environnementaux et des prédispositions. Parmi les principaux facteurs déclenchant des crises d'asthme :
  • l'exposition au tabac (tabagisme actif comme passif, y compris in utero),
  • les allergènes,
  • la pollution,
  • les produits émettant de fines particules, susceptibles de provoquer des irritations (farine, aérosols, talc...),
  • les médicaments anti-inflammatoires,
  • le sport ou l'activité physique,
  • l'air, lorsqu'il est froid et sec,
  • le stress et l'angoisse,
  • les moisissures et autres champignons.
Les allergènes impliqués sont aussi bien ceux de l'extérieur (pollens) que ceux de l'intérieur du domicile (acariens, moisissures). Les poils des animaux en général (particulièrement ceux des poneys et chevaux...) ainsi que certains aliments comptent également parmi les allergènes courants générant des crises d'asthme.

Entre un dixième et un vingtième des asthmes en France sont d'origine professionnelle. En cause : l'exposition à certains produits. Parmi les professions à risque : les métiers du nettoyage, la coiffure, la boulangerie-pâtisserie, la peinture, la menuiserie et les métiers de la santé. La boulangerie est un milieu qui cumule plusieurs facteurs environnementaux, avec les poussières et protéines de farine, les parasites de ces farines, les moisissures et les pollens de graminées. Jusqu'à 15% des boulangers et apprentis sont atteints, à tel point qu'on parle d'"asthme du boulanger".

La pratique du sport n'est pas incompatible avec le fait d'être asthmatique. Au contraire, il lui permet d'améliorer sa respiration. Le pratiquant doit avoir contrôlé son asthme grâce aux médicaments. Pour débuter, il vaut mieux se diriger vers les sports en milieu chaud, comme par exemple les sports en salle, avant de se lancer dans les sports en extérieur, milieu potentiellement froid et sec. Exception : la piscine. Certes, c'est un milieu chaud et humide, mais c'est aussi un endroit où l'on utilise du chlore, substance favorisant l'asthme. Enfin, la plongée sous-marine est une pratique très risquée pour les asthmatiques : l'air des bouteilles est froid et donc susceptible de déclencher une crise d'asthme. Il est également très difficile de prendre un médicament contre l'asthme une fois immergé.

Pour gérer le stress, qui compte parmi les déclencheurs de l'asthme, vous pouvez consulter notre fiche Comment gérer son stress ?.

Nous avons parfois des prédispositions à développer de l'asthme. Il y a une influence de l'hérédité : vous avez 50% de risque d'être asthmatique si un de vos parent l'est. Le risque monte à 80% si les deux parents le sont. Le fait d'être né prématuré ou d'avoir eu un petit poids à la naissance, ou d'avoir eu une rhinite allergique pendant l'enfance sont également des prédispositions à avoir de l'asthme.

On peut classifier les asthmes en plusieurs groupes. Ainsi, il existe l'asthme allergique, non-allergique, à début tardif, avec obstruction bronchique fixée, et enfin l'asthme associé à l'obésité.

Le diagnostic de l'asthme

Pour le médecin, il y a deux situations : le diagnostic hors crise d'asthme, qui reposera sur l'histoire des antécédents du patient ; le diagnostic pendant la crise même, généralement en urgence. Pour établir son diagnostic et éliminer d'autres causes, le praticien a à sa disposition des tests. Il pourra faire passer au patient des épreuves fonctionnelles respiratoires, et dans certains cas un bilan allergique et ORL, des tests biologiques ou une radiologie.

L'un des outils fondamentaux du diagnostic est le DEP, le Débit Expiratoire de Pointe, qui fait partie des Epreuves Fonctionnelles Respiratoires. Il se mesure à l'aide d'un débitmètre, aussi appelé peak-flow. Il indique le débit maximal atteint lors d'une forte expiration rapide. Le patient n'est pas obligé d'être à l'hôpital pour le mesurer : il existe des débitmètres de poche, lui permettant d'en porter un sur lui. Ainsi, il peut quantifier son DEP à n'importe quel moment de la journée. Il est possible d'établir un indice, un débit expiratoire de pointe théorique que le patient devrait normalement atteindre hors asthme. Ce dernier entraînant une gêne respiratoire, il fait baisser le débit expiratoire de pointe. Grâce au débitmètre de poche, le patient peut mesurer son DEP à plusieurs instants de la journée, et ainsi identifier les moments de crise en comparant le résultat obtenu pendant une crise d'asthme au DEP théorique. Même si l'outil a des limites, il permet l'autosurveillance par le patient et lui indique lorsque la prise de médicaments s'avère nécessaire. A côté du débitmètre existe le spiromètre, plus complexe mais qui permet de mesurer plus de données.


Notre sélection : 

La variation du débit expiratoire de pointe par rapport au DEP théorique fait partie des facteurs permettant de déterminer le degré de sévérité de l'asthme.

Les traitements de l'asthme

Il n'y a pas de remèdes ou de médicaments permettant de guérir de l'asthme. Les solutions disponibles contre l'asthme se divisent en deux grandes catégories : le traitement au long cours et le traitement de crise (exacerbation).

Le traitement au long cours

Il doit être pris quotidiennement, dès que l'asthme est suspecté, sans attendre la confirmation par les tests. Il permet de réduire le nombre de crises et leur intensité. Il s'agit principalement de corticoïdes, des anti-inflammatoires, pris par inhalation, et de bronchodilatateurs, des Bêta-2-mimétiques à longue durée d'action (BDLA), qui augmentent le diamètre des bronches, agissant sur une longue durée.

On associe parfois à ces traitements des anti-leucotriènes, des médicaments réduisant la constriction des bronches et l'hypersécrétion ainsi que des anti-histaminiques. Pour les patients souffrant d'asthme sévère répondant mal aux médicaments, la thermoplastie est aujourd'hui proposée. Il s'agit de réduire le volume et la capacité à se contracter des muscles lisses bronchiques pour diminuer leur effet sur les voies aériennes grâce à la radiofréquence.

Le traitement de crise

Il repose sur la prise de bronchodilatateurs d'action rapide qui diminue la sévérité de la crise d'asthme. Ce sont des Bêta-2-mimétiques à courte durée d'action (BDCA). La prise est assurée prioritairement par inhalation grâce à un spray ou via nébulisation à l'aide d'un masque, mais dans certains cas elle doit être assurée par voie sous-cutanée ou à l'aide d'une perfusion. Lors de crises, il ne faut pas prendre de Bêta-2-mimétiques à longue durée d'action. A ces bronchodilatateurs, on associe parfois des anticholinergiques.

Les corticoïdes sont aussi utilisés lors des crises. Lors des épisodes d'asthme aigu, ils doivent être pris par voie orale. Les principales molécules des médicaments utilisés dans le traitement de l'asthme :
AU LONG COURS LORS DES CRISES
Corticoïdes inhalés : fluticasone, béclométhasone, budésonide. Corticoïdes systémiques par voie orale : prednisone, prednisolone.
Bêta-2-mimétiques BDLA : salmétérol, formotérol. Bêta-2-mimétiques BDCA : salbutamol, terbutaline.

Enfin, le traitement de l'asthme peut également faire appel à l'oxygénothérapie, avec un apport de 4 à 6 l/minute.

Si un allergène ou un autre facteur environnemental est susceptible d'avoir provoqué la crise d'asthme, il faut l'éviter. Dans certains cas, l'asthme allergique peut provoquer un choc anaphylactique, nécessitant l'injection d'adrénaline. Ciblant certains types d'asthmes allergiques, des médicaments spécifiques dits "anti-IgE" ou "anti-IL5" ont été mis au point.

Les médicaments contre l'asthme se présentent généralement sous forme d'aérosol ou de poudre sèche à inhaler, via un spray, un aérosol-doseur ou un dispositif d'inhalation de poudre sèche. Pour être efficaces, les traitements doivent pénétrer profondément dans les bronches et ne pas être expirés immédiatement. Cela demande un maniement optimal de l'appareil et, dans le cas des aérosols une bonne coordination main-poumons ; dans le cas des poudres sèches, un puissant flux inspiratoire, des conditions souvent mal maîtrisées. Plus de la moitié des patients asthmatiques prennent imparfaitement leur traitement. Pour faciliter la prise des traitements et améliorer le suivi des soins, des dispositifs spéciaux ont été élaborés. Ce sont les chambres d'inhalation, qui servent d'interface entre l'aérosol-doseur et la bouche du patient.


Notre sélection :

Certains laboratoires pharmaceutiques ont intégré ces dispositifs directement sur la présentation de leur médicament.
En cas d'Asthme Aigu Grave et d'exacerbation sévère, ou si la crise d'asthme ne s'est pas améliorée dans l'heure qui suit, il faut contacter les urgences (15).

Gérer son asthme

Pour la personne asthmatique, connaître sa maladie, apprendre à vivre avec tout en minimisant le risque de survenue de crises est essentiel. Cela nécessite une éducation thérapeutique qui peut être notamment apportée dans des structures appelées "Ecoles de l'asthme".

Le patient doit apprendre à reconnaître les symptômes de sa maladie. Le débitmètre (ou le spiromètre) portatif est indipensable à la personne souffrant d'asthme : il permet une estimation sommaire de sa situation à tout moment, ce qui lui offre la possibilité d'identifier le degré de sévérité d'une crise et d'adapter son traitement en conséquence, tout en fournissant une mesure utile à fournir au médecin. Pour aller plus loin, vous pouvez consulter notre fiche Asthme : quelles mesures de prévention ? 

Une application gratuite pour mobile, élaborée par l'Assurance Maladie, permet au patient de gérer le suivi de son asthme, de ses traitements et de ses rendez-vous médicaux. Elle lui permet également de se documenter sur sa maladie.

Les traitements de l'asthme à base de plantes

L'aromathérapie, la phytothérapie et l'homéopathie proposent des solutions contre les effets de l'asthme. Ces traitements ne se substituent en aucun cas aux médicaments. Ils sont à utiliser en appoint du traitement. Demandez conseil à votre pharmacien, car certains peuvent déclencher des allergies.

En aromathérapie, les huiles essentielles à utiliser sont :
  • l'huile essentielle de Khella, qui aide à dilater les bronches,
  • l'huile essentielle de Pin de Patagonie, qui limite la contraction des muscles bronchiques,
  • les huiles essentielles de Tanaisie annuelle et de Camomille romaine, anti-inflammatoires.
Attention, l'huile essentielle de Khella est photosensibilisante, évitez l'exposition au soleil après l'avoir appliquée sur la peau. Elle ne doit pas être utilisée chez la femme enceinte ou allaitante, ainsi que chez l'enfant de moins de 3 ans. L'huile essentielle de Tanaisie annuelle ne convient pas aux femmes enceintes et allaitantes et aux enfants de moins de 6 ans. Les huiles essentielles de Pin de Patagonie et de camomille romaine ne doivent pas être utilisées lors des trois premiers mois de grossesse. Il faut éviter la prise de ces huiles par voie orale. Elles doivent être diluées dans une huile végétale et appliquées sur le torse ou le haut du dos, par massage sur la peau.

En homéopathie, les souches utilisées contre l'asthme sont Poumon histamine, Nux vomica, Cuprum metallicum et Kalium carbonicum. En phytothérapie, le cassis, le plantain, l'hysope, le bouillon blanc et la fumeterre sont renommés contre l'asthme.


Notre sélection :

Si l'asthme ne se soigne pas, les recherches pour des traitements novateurs continuent avec l'espoir de parvenir à élaborer un vaccin. En attendant, il est parfaitement possible de vivre sans grandes restrictions avec l'asthme, à condition de bien connaître sa maladie et de disposer des traitements médicamenteux adéquats. Des outils permettant de mieux gérer son asthme au quotidien sont disponibles.